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Quel est le 4ème moteur de la gestion des connaissances ?

By 29 octobre 2020 No Comments

Personnes, processus et technologies sont depuis longtemps considérés comme les 3 piliers et  moteurs d’un système de gestion des connaissances. Aujourd’hui, le recul et l’expérience montrent qu’il en existe un quatrième.

De nombreux exemples et analyses indiquent que la connaissance n’est pas transférée et ne circule pas malgré des rôles clairs, des processus bien définis et une technologie dédiée. Pourquoi ? Parce qu’il manque encore quelque chose : un quatrième élément moteur dans le système KM. Quel est-il et comment l’actionner ?…

Première approche : le quatrième moteur est le « contenu »

 

A la suite de Nick Milton et d’autres experts en KM, nous considérons que le « contenu » n’est pas en soi un moteur et qu’il n’est pas pertinent de le considérer comme tel :

  • Tout d’abord, un « contenu » est un résultat. C’est le résultat final d’une production réalisée par une ou des personnes dont c’est le rôle dans le cadre d’un processus et qui utilisent une technologie dédiée à cet effet. Autrement dit, le « contenu » n’est pas un moteur qui pousse au transfert et au partage de connaissances.
  • Ensuite, se focaliser sur le « contenu », c’est réduire la gestion des connaissances à la gestion des connaissances « explicites ». Il s’en suit que la gestion des connaissances est cantonnée à de la gestion documentaire et qu’on oublie que c’est grâce aux échanges et aux discussions que les connaissances tacites sont créées ou révélées et partagées.

Toutefois, il est évidemment indispensable de se préoccuper de l’organisation, de la production, et de tous les autres aspects relatifs à la gestion des contenus (taxonomie, meta-données…). Mais dans cette acception, on ne s’intéresse plus aux « contenus » en eux-mêmes, mais à leur gouvernance… Cette gouvernance est-elle le 4ème moteur recherché ?

Deuxième approche: le quatrième moteur est la « gouvernance »

 

La « gouvernance » est bien ce 4ème moteur à condition qu’elle concerne à la fois la gestion des stocks (contenus) et des flux (échanges) de connaissances. A condition également, qu’elle traite de l’évaluation des performances du dispositif KM au regard des ressources qui lui sont affectées.

Comprise dans ce sens, la « gouvernance » devient un élément moteur et auto-adaptatif qui oriente la production de contenus et dynamise les interactions avec un objectif de création de valeur.

Or, le constat est que la « gouvernance » est trop souvent l’élément le moins pris en compte dans les programmes de gestion des connaissances… Voici ce qui peut expliquer la différence entre succès et échec.

La norme ISO 30401 et la « culture » comme élément moteur

 

On peut discuter longuement pour savoir si la « culture » est un catalyseur ou un résultat de la gestion des connaissances.

En tout état de cause, il est clair qu’une culture propice à la gestion des connaissances contribue à son succès (confiance, esprit de collaboration, implication…). Toutefois, contrairement à des rôles, des processus, des technologies ou une gouvernance, une culture ne se décrète pas, ne se met pas en œuvre, ne s’applique pas.

C’est pourquoi, nous préconisons une approche pragmatique consistant à adopter une « gouvernance » qui détermine les bons comportements à avoir et les valorise. Une telle gouvernance influence la « culture » et la fait évoluer dans le sens du progrès par la gestion des connaissances.

Librement traduit et adapté de l’article de Nick Milton “What is the 4th enabler for Knowledge Management?”