Le bénéfice de travailler de manière collaborative avec des outils en ligne

« Homo homini lupus est » de cet adage latin, s’illustre parfaitement l’inquiétude séculaire de l’Humain vers l’Inconnu. Littéralement, « l’Homme est un loup pour l’Homme » cette expression trimillénaire à parcouru le temps et les écrits pour essayer de se trouver un sens propre. Pourtant ni de Pline l’Ancien au Ier siècle, d’Erasme au XVème, ou encore de Schopenhauer au XIXème, n’ont apportés plus qu’une définition philosophique, parfois métaphysique, de cet « à priori », précédant l’interaction entre deux membres d’un même environnement.

Nonobstant, le consensus scientifique actuel, établi sur la théorie de l’évolution de Charles Darwin, démontre le compromis évolutionniste d’équilibre stable : la Nature (ergo l’Évolution) estime que l’environnement des êtres humains est 10 % compétitif, et 90 % collaboratif. Prosaïquement expliqué, la part de gauchers dans la population, quelle que soit la période dans l’Histoire, est de 10 % de gauchers, contre 90 % de droitier. Et évoluer en tant qu’espèce, mais surtout dans son environnement, c’est avant tout savoir partager ses connaissances (savoir-faire) et utiliser les mêmes outils (savoir-être) ! L’Homme fabrique ses outils de telles sortes qu’ils soient facilement préhensiles et correspondants aux besoins du plus grand nombre.

Il ressort donc de cette vision, une première explication plausible concernant la méfiance d’un individu vis-à-vis d’un autre. L’inégalité face à l’utilisation des outils, inhérente à la nature d’être humain, tend à démontrer que la collaboration n’est pas innée pour tous.

 

Dans un monde parfait, l’Évolution aurait conduit naturellement vers l’ambidextrie, afin que tout un chacun soit égal avec les outils. Mais la réalité est tout autre. Et à l’heure de la dématérialisation, la technologie change la manière dont nous interagissons et transforme les outils, mais ne renivèle pas l’iniquité entre les acteurs.

L’usage des « espaces collaboratifs » dans les entreprises, prend une part de plus en plus importante, mais impose un changement de pratiques afin de porter ses fruits. Pour comprendre cette criticité, une enquête nouvellement publiée par Arctus, en novembre 2018, traitant de « Travailler de manière collaborative avec des outils en ligne », illustre l’utilisation de ces nouveaux outils, en voici les quelques données importantes à retenir :

  • Seul 1 personne sur 2 est formée à l’utilisation des espaces collaboratifs. (Nombre moyen de modules de formation par personne = 1,7)
  • Pour les répondants, ces outils servent en premier lieu à créer du lien entre les membres de l’organisation (65%), contre 28% seulement pour la mise en contact avec les « sachants » pour partager sur les bonnes pratiques, notamment (experts…).
  • Pour plus de la moitié des utilisateurs, les espaces collaboratifs correspondent avant tout à une application de partage documentaire, loin devant les applications de gestions de projet collaboratif. Il est à noter, qu’en moyenne les organisations déploient deux, ou plus, dispositifs collaboratifs en interne.

En substance, les utilisateurs ont recours au moins plusieurs fois par semaine à l’espace collaboratif, où de la valeur se construit grâce à l’intelligence collective. Mais cet espace d’échange de compétences est, encore aujourd’hui, sous-développé et/ou mal exploité. De fait, il s’opère, par exemple, une superposition des couches, ce qui ne fait que complexifier encore plus le processus.

C’est donc parce que l’utilisation d’un outil collaboratif en ligne est considérée comme trop nébuleuse, et parfois tentaculaire, qu’apparaissent des réfractaires à ces pratiques.

 

Alors, la bonne pratique à mettre en place quant à l’installation d’outil de travail en ligne collaboratif, est avant tout de former les collaborateurs à utiliser les outils proposés. Afin que le canal de l’information soit clair et puisse bénéficier au mieux. Que le « sachant » transmette à « l’apprenant », qui à son tour, partagera à la génération suivante. Tout cela dans l’optique de mettre fin aux mauvaises pratiques et assurer la transition vers la « coopétition ».